
Vous tournez en rond sur le même problème depuis des semaines.
Vous avez essayé des solutions.
Rien ne change vraiment.
Vous vous dites : « C’est pourtant pas compliqué. »
Sauf que le vrai souci, ce n’est peut-être pas la solution.
C’est le problème lui-même.
Ou plutôt : la façon dont il est posé.
Dans une TPE, on n’a pas le temps de faire vingt tours sur un même sujet.
Quand un problème revient, c’est qu’on ne l’a pas regardé au bon endroit.
Et souvent, tout se joue dans les premiers mots qu’on pose dessus.
Sommaire
Pourquoi la formulation compte autant
Prenez cette phrase : « Je ne veux plus perdre de temps en réunion. »
Vous la reconnaissez ? Elle semble claire. Pourtant, elle ne dit rien d’utile.
Que veut dire « perdre du temps » ?
Quelle réunion précisément ?
Combien de temps serait acceptable ?
Et surtout : qu’est-ce que vous voulez à la place ?
Sans réponse à ces questions, vous restez coincé dans le problème. Vous allez chercher des solutions floues pour un besoin flou. Résultat : rien ne bouge.
Un problème bien posé montre déjà la moitié du chemin. Mal posé, il vous fait tourner en rond.
L’erreur la plus fréquente : formuler en négatif
Quand vous dites « je ne veux plus », votre cerveau retient surtout ce qui vient après.
Il entend le problème, pas la direction. C’est mécanique.
Exemple classique dans une entreprise :
« On ne veut plus de clients qui payent en retard. »
Très bien. Mais ça ne dit pas ce que vous voulez. Reformulez : « On veut être payé sous 15 jours maximum. »
Là, c’est concret. Vous savez quoi mesurer, quoi changer.
Un problème bien posé commence par une formulation positive. Pas optimiste.
Positive au sens : orientée vers ce que vous cherchez, pas ce que vous fuyez.
Partir de là où vous êtes vraiment
Avant de chercher où aller, il faut savoir d’où vous partez. Ça paraît évident, pourtant beaucoup de dirigeants sautent cette étape.
Vous dites : « Il faut qu’on soit plus réactifs avec les clients. »
Mais aujourd’hui, vous mettez combien de temps à répondre ?
Et ce temps, il vient d’où ? De l’organisation ? Du manque d’info ? D’un process qui bloque ?
Sans état des lieux, vous ne savez pas ce qui doit bouger. Vous naviguez dans le brouillard.
Posez-vous cette question simple :
Qu’est-ce qui se passe réellement aujourd’hui sur ce sujet ?
Pas ce que vous aimeriez, pas ce que vous croyez, ce qui se passe factuellement.
Transformer le flou en objectif clair
Un objectif flou ne produit rien.
« Être plus performant », « améliorer la qualité », « fidéliser les clients »… ce sont des directions, pas des objectifs.
Pour qu’un objectif soit utile, il doit passer un test simple : la méthode SMART.
Ce n’est pas un concept à la mode, c’est un filtre efficace pour vérifier que vous avez bien posé le problème.

Simple
Un seul objectif par phrase.
Pas deux sujets mélangés.
Pas de jargon.
Si vous ne pouvez pas l’expliquer en une phrase claire, reformulez.
Ambitieux
L’objectif doit demander un effort.
Pas un effort héroïque, mais un changement réel.
Si c’est quelque chose que vous faites déjà naturellement, ce n’est pas un objectif, c’est une habitude.
Temporel
Une date.
Pas « bientôt », pas « d’ici quelques mois ».
Une vraie échéance.
Sans borne de temps, il ne se passe rien, vous allez reporter, repousser, oublier.
Spécifique
Écrivez-le noir sur blanc.
Vraiment.
Le simple fait d’écrire oblige à préciser.
Vous allez peut-être découvrir en posant les mots que l’objectif change légèrement, c’est normal, c’est même le signe que vous êtes en train de bien poser le problème.
Mesurable
Comment saurez-vous que c’est atteint ?
Quel chiffre, quel signe concret ?
« Améliorer la satisfaction client » ne veut rien dire.
« Passer de 70% à 85% de clients satisfaits en trois mois » dit exactement où vous allez.
Réaliste
Vous devez y croire.
Vraiment.
Si au fond de vous, vous savez que c’est inatteignable dans le temps donné, vous allez abandonner dès le premier obstacle. Soyez ambitieux, mais gardez les pieds sur terre.
Personnel
L’objectif ne doit dépendre que de vous ou de votre équipe.
Pas d’une décision externe, pas du bon vouloir d’un client ou d’un fournisseur.
Si vous formulez « obtenir l’accord du client X », vous n’êtes pas maître du résultat.
Reformulez : « envoyer une proposition claire au client X avant vendredi ».
Ça, c’est sous votre contrôle.
Impliquant
L’objectif doit avoir du sens pour vous.
Être cohérent avec vos valeurs, votre façon de travailler.
Si vous y allez à reculons, toutes les excuses seront bonnes pour arrêter. Un objectif qui ne vous parle pas ne sera jamais tenu.
Ce qui change quand le problème est bien posé
Vous passez moins de temps à chercher, vous savez ce que vous visez, les actions deviennent évidentes.
Exemple concret dans une TPE :
Problème flou : « Les devis traînent trop. »
Problème bien posé : « Réduire le délai moyen d’envoi des devis de 5 jours à 48 heures d’ici fin février. »
Dans le premier cas, vous ne savez pas par où commencer.
Dans le second, vous savez exactement ce qui doit bouger : le process de validation, les infos manquantes, la charge de travail.
La clarté libère l’action, le flou paralyse.
Un dernier point : validez
Vous avez posé votre objectif. Il respecte chaque critère SMART.
Parfait.
Maintenant, une dernière question :
Si vous l’atteignez, est-ce que ça règle vraiment le problème de départ ?
Parfois, en clarifiant l’objectif, on découvre qu’on s’attaque au mauvais sujet. Ce n’est pas grave, c’est même même une bonne nouvelle.
Vous venez d’éviter de perdre du temps sur une fausse piste.
Pour conclure
Bien poser un problème, ce n’est pas une perte de temps.
C’est ce qui évite d’en perdre après.
La prochaine fois qu’un sujet vous agace ou vous bloque, prenez dix minutes, écrivez-le, passez-le au filtre SMART, reformulez si besoin.
Vous verrez : souvent, la moitié de la solution apparaît dans la reformulation.
Parce qu’un problème bien posé indique déjà où regarder.






